Miroir du Tour, un joli livre pour l’été et toutes les saisons qui suivent

C’est une lecture d’été ou d’hiver, c’est comme on en aura envie. Grand rendez-vous cycliste annuel de juillet passé ou à venir, même s’il s’y rapporte. Peu importe. Miroir du Tour est un livre qui offre l’envie de le laisser à portée de main quelle que soit l’heure du coucher du soleil.

Nous sommes quelques-uns à toujours rêver à la douce musique des Tours de France de jadis, indécrottables nostalgiques. À nous persuader que tout cela a été vrai et à vouloir (re)trouver au détour d’un lacet des Pyrénées, d’un virage alpestre, l’un de ces personnages que l’on dit par raccourci « de légende » mais qui ne sont que de l’histoire, de notre propre histoire. François Paoletti, l’auteur, a même fini par en rencontrer en chair et en os.
Son Miroir du Tour retrace le parcours de dix étapes mythiques de ce qu’on nomme encore La Grande Boucle même si les contraintes réglementaires la représente désormais en un assemblage baroque de petits vers de terre sur la carte de l’hexagone. Paoletti a retrouvé l’asphalte là où de l’Aubisque au Tourmalet, Eugène Christophe empruntait au début du 20e siècle des chemins de terre ; il a respiré la fournaise du Ventoux où est mort Tom Simpson en 1967, apprécié la rudesse des pentes de l’alpe d’Huez, entre chacun de ses vingt-et-un lacets, lorsque l’on a Galibier et Croix-de-Fer dans les mollets. Car oui, l’auteur, avant de raconter, a reconstitué l’épique dans l’époque en partant à vélo sur les fameuses étapes, au kilomètre près. Dans une France qui n’a souvent plus rien à voir avec celle où se promenaient ces Tours du temps jadis, mais avec le scrupule de respecter le tracé exact au long de ces reconstitutions virtuelles. Une performance sans outrecuidance car comme le rappelle Paoletti , « Le Tour appartient à tout le monde ».
Autre réussite, le mode narratif de Miroir du Tour, textes, images de Rom Helbach et illustrations agréablement mêlées, qui transporte sur les plus beaux reliefs de France, Thonon-les-Bains et le lac Léman comme point le plus septentrional du récit. Il faut bien admettre que les plus belles pages du Tour se sont écrites dans nos montagnes, et que reconstituer les 24 kilomètres du Versailles-Paris de 1989, théâtre des « 8 secondes » entre LeMond et Fignon, n’aurait pas eu la même longueur en bouche.

En ce mois de juillet 2018, François Paoletti, par ailleurs fondateur des Classic Challenges, a dédoublé son Miroir du Tour d’un film de six minutes sur le même registre, Suiveur. À découvrir, son livre posé.

Miroir du Tour, Tana Éditions, 24,95 euros. Préface de Thomas Voeckler, photos de Romain Helbach. Du même auteur : Eddy, ma saison des classiques (Rossolis) et Monuments du cyclisme (Tana).