« Ma semaine à Montbrio »: récit d’un stage vélo printanier (ou presque) en Catalogne

Laurent, 48 ans, cyclosportif confirmé originaire du Puy-de-Dôme et amateur de terrains vallonnés, prépare L’Étape du Tour 2018. En avril, il a roulé une semaine entière autour de Montbrio del Camp, Espagne, dans le cadre d’un stage Cap Vélo, organisateur français de séjours cyclistes. La météo n’était pas exactement au rendez-vous, mais il s’est régalé.Éthan, le fils de 12 ans de Laurent, a profité de sa semaine pour gravir avec son papa son premier col de 10 kilomètres…

« Au soleil de Montbrio. » Tel était l’intitulé de mon stage en Espagne dans le catalogue de l’organisateur, Cap Vélo. Avec le recul, j’en souris, mais aucun d’entre nous, participants et encadrants, n’aurions pu imaginer qu’à la mi-avril cet hiver pourri n’en finisse pas de s’étirer, en Catalogne aussi. Cette fois, le soleil nous a manqué à Montbrio et sur les routes alentours. Mais ni l’envie ni la bonne humeur. Indispensables pour affronter la pluie, jusqu’à la grêle sur les hauteurs du col de Prades le troisième jour, quand le thermomètre descendait jusqu’à un degré ! Jusqu’à me contenter d’une boucle de 40 kilomètres le dernier jour.

Je ne suis pas un pur compétiteur. Plutôt un cyclo passionné, qui chaque année accomplit neuf mille kilomètres, trois ou quatre sorties par semaine dès que la météo le permet. À l’âge de 8 ans, j’étais avec mon père dans l’ascension du Puy-de-Dôme, je me souviens avoir vu passer Bernard Hinault, en route pour sa première victoire dans le Tour de France. Ma passion est sans doute née ici. Quarante ans plus tard, je suis le secrétaire d’un club de copains, le Team Spirit Bike 63, à Clermont-Ferrand. Une bande d’amis, attachés à l’état d’esprit, le vélo sans se prendre la tête. Ils m’ont surnommé Lolo la Bracasse ! Pour entrer dans notre club, il faut être coopté.J’aime aussi les rendez-vous de prestige. Je suis Auvergnat mais mon gabarit de rouleur, en toute modestie plus… Cancellara que Contador -1,89m pour 85 kg-, a sans doute aidé à ce que je sois attiré par les routes des classiques de printemps. J’ai pris part au premier Paris-Roubaix Challenge en 2011, depuis à We Ride Flanders sur le tracé du Tour des Flandres, à l’Amstel Gold Race cyclos. Je participerai à Liège-Bastogne-Liège un jour. Cet été, ce sera L’Étape du Tour, une nouvelle fois, entre Annecy et Le Grand-Bornand. Pas vraiment un tracé pour Flandrien…  Dans cet optique, je suis heureux de mon séjour à Montbrio del Camp, des 500 kilomètres sur mon Trek Emonda (moi l’amoureux des vélos italiens…) partagés avec mes compagnons. Ce n’était pas évident, nous étions un groupe de douze Français de niveaux et d’horizons très divers, dont deux coureurs FFC de première et troisième catégorie qui forcément, allaient très bien. Mais l’esprit de ce type de stage soude toujours la communauté. Nous avons partagé des moments hors vélo à l’hôtel Termes de Montbrio, un joli choix. Sur le haut des petits cols entre 600 et 900 mètres qui nous étaient proposés, la solidarité s’est installée naturellement, les plus forts redescendaient accompagner les moins rapides. Anthony, un cyclo-crossman qui sortait de sa saison hivernale, filmait avec Sa GoPro et Xavier, notre accompagnateur, gros niveau Élite dans la région de Saint-Étienne ces dernières années, colmatait les brèches.
J’aime les terrains variés mais pas trop exigeants de ce sud de la Catalogne, au milieu des oliviers. Ils sont le moment d’un point sur ma condition physique, avant les sorties plus longues de mai et de juin. Je suis un habitué des stages Cap Vélo depuis 2013. À cette époque de l’année, j’apprécie ces journées entre 80 et 110 kilomètres, avec 1500 à 1800 m de dénivelé, et cet enchaînement d’une semaine en immersion, à me consacrer à ma passion. Cette fois, je suis venu avec ma femme et mes enfants, c’était encore plus agréable avec des moments en famille, au spa thermal de l’hôtel ou à visiter Taragonne ou Reus, très jolies villes.  D’ailleurs, le bonheur de gravir avec Éthan, mon fils de 12 ans, son premier col de 10 kilomètres, restera comme un grand moment. Peut-être un futur participant à L’Étape du Tour ? Éthan est déjà très sportif, il est dans une classe de 5à horaires aménagés, il a huit heures de foot par semaine. Un de ces jours, je risque de le retrouver sur l’application Strava ! C’est ainsi qu’on garde le contact, entre stagiaires Cap Vélo, au fil des années. Mes abonnés ont pu voir que je me suis offert une belle sortie le mercredi qui a suivi, avec la sensation d’avoir progressé plus vite qu’à l’ordinaire. En tenue courte cette fois. Ce jour-là, comme autour de Clermont-Ferrand, il devait faire grand beau à Montbrio.  »

Photos Cap Velo et DR.

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