BLOG En route vers l’assistance électrique, mon acte III

Je devine désormais l’inexorable et m’en réjouis. Mes années 2020 à vélo seront, c’est plus que probable, « électrique ». Et je me souviendrai avec précision du lieu et de la date d’une franche montée en puissance de ma prise de conscience. « Mon VAE, acte III. » Le lieu, c’est drôle, n’évoque aucune assistance. Juste le souvenir de la force bestiale d’un Blaireau, glorieux Maillot Jaune devenu dans les parages arc-en-ciel à la fin de l’été 1980. La côte de Domancy, entre Sallanches et le pied du mont Blanc, cadre de l’exploit majuscule de Bernard Hinault dans le final d’un championnat du monde dont on parle encore, ici et ailleurs.

Domancy d’où, autre fulgurante cycliste, ont giclé dans l’autre sens, celui de la descente, le 22 juillet 2016 deux gamins culottés portant le même maillot, AG2R-La Mondiale. Ils dévalaient la pente humide sur deux vélos allemands de marque Focus Bikes. Moins d’une heure plus tard, Romain Bardet l’emportait au Bettex et accédait pour la première fois, à 25 ans, au podium du Tour de France, en partie grâce à la folle décision de son compère Michael Chérel d’attaquer dans la descente de Domancy. J’y pense car en ce début avril 2019, veille de Tour des Flandres, j’ai choisi le demi-tour après l’ascension de la courte mais méchante légende pour tester (merci Roue Libre Sallanches, un vélociste à découvrir) la descente avec le freinage à disques de mon Focus du jour à moi, un Paralane 2. « 2 » pour assistance électrique. 

Tiens, un Focus Paralane 2 au sommet de la côte de Domancy

Une petite heure, pas plus, pour éprouver quel joli vélo polyvalent le Paralane incarne, traces tranchantes au plus fort de la pente malgré les pressions sur les poignées de cocotes, ma route à moi n’était pas fermée à la circulation. Ce cadre aux lignes affirmées équipé Shimano Ultegra et roues DT Swiss, fourche droite et empattements suffisants pour l’utiliser en expérience gravel, pneus de 28 mm (la culture Focus Bikes tout-terrain du créateur, Mike Kluge), est sportif mais très rassurant quant à son confort. Un joyeux compagnon d’aventure, qui accueille sans souci dans son tube diagonal bodybuildé la motorisation et la batterie Fazua Evation, celle qui fait ses preuves aussi avec le Pinarello Nytro notamment. Le Paralane est si satisfaisant qu’on sent à peine les 3,3 kg de l’appendice d’assistance sur le plat. La montée en régime des trois niveaux de boost s’effectue en douceur. Surtout, la rétrogradation et la coupure d’assistance en-deçà de 25 km/h s’accomplissent sans dommage, ni pour la cadence de pédalage ni pour l’allure. La notion de frein-moteur est absente de la technologie Fazua.

En redescendant, dans le village de Domancy…

Ces détails techniques disent peu du plaisir de gravir Domancy avec l’assistance électrique. Sans qu’il soit besoin de monter jusqu’à « Rocket », le niveau 3 du Fazua Evation. « Breeze », le 1, suffit à condition qu’on accepte d’employer les mêmes braquets qu’en musculaire, ça s’appelle tout simplement l’humilité. L’appel au « River », le niveau 2, n’est utile que pour les rampes les plus difficiles, 16% sur quelques dizaines de mètres. Il en devient agréable de passer là, même si le souffle est court et le cœur rapide là-haut, route de Megève, après 2 500 m à 8,6 % de moyenne. Ravi du Focus Paralane, ravi de son assistance électrique, j’imagine de vraies montagnes cet été. Le bonheur, certes, est musculaire. Mais pas que.